Port-au-Prince, 7 mars 2026. — Au-delà des grandes orientations politiques et économiques présentées lors de la retraite gouvernementale tenue à la Villa d’Accueil, un autre message, plus discret mais tout aussi stratégique, a été lancé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à l’attention de certains ministères clés. Devant l’ensemble des membres du gouvernement réunis pour cette séance de travail, le chef du gouvernement a instruit plusieurs institutions de commencer dès maintenant les préparatifs liés à l’arrivée de la saison cyclonique, prévue officiellement à partir du 1er juin.

Dans la salle, entre les discussions sur la sécurité nationale, la relance économique et l’organisation des élections, le Premier ministre a pris soin d’aborder la question des catastrophes naturelles, rappelant que l’État ne peut se permettre d’être pris de court face aux phénomènes climatiques qui frappent régulièrement le pays. Il a ainsi demandé aux ministères concernés de se mettre en alerte préventive et d’engager sans tarder les démarches nécessaires pour organiser le prépositionnement des ressources et des dispositifs d’intervention.

Les ministères de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, de la Santé publique et de la Population, ainsi que les structures de la Protection civile ont été particulièrement interpellés. Selon les instructions du chef du gouvernement, ces institutions devront commencer à planifier le déploiement de moyens logistiques, humanitaires et sanitaires dans les zones les plus vulnérables du territoire.

L’accent a notamment été mis sur la situation des familles déplacées internes, déjà fragilisées par l’insécurité et les déplacements forcés. Le Premier ministre a demandé que des dispositions soient envisagées pour renforcer les dispositifs d’hébergement d’urgence, notamment par la préparation de tentes et d’abris temporaires capables d’accueillir les populations en cas d’intempéries majeures ou de catastrophes naturelles.

Dans cette logique de prévention, le ministère de la Santé publique devra également anticiper les risques sanitaires qui accompagnent souvent les phénomènes cycloniques. Des stocks de médicaments, des équipes d’intervention médicale et des mécanismes de réponse rapide devront être préparés afin d’éviter que les catastrophes naturelles ne se transforment en crises sanitaires.

La Direction de la Protection civile, pour sa part, aura la responsabilité de coordonner les actions de préparation avec les autorités locales et les partenaires humanitaires. Des plans d’évacuation, des mécanismes d’alerte et des dispositifs de réponse d’urgence devront être évalués et renforcés afin d’améliorer la capacité de réaction du pays face aux tempêtes tropicales, aux inondations et aux glissements de terrain.

Pour le Premier ministre, cette anticipation constitue une dimension essentielle de la gouvernance publique. En évoquant la saison cyclonique devant l’ensemble des ministres, il a voulu rappeler que la gestion de l’État ne se limite pas aux urgences politiques et sécuritaires, mais qu’elle implique également une vigilance permanente face aux risques naturels qui menacent régulièrement la population.

Dans l’atmosphère studieuse de cette retraite gouvernementale, cette instruction a résonné comme un appel à la responsabilité collective. Car si les tempêtes naissent au large des océans, leurs conséquences se font sentir jusque dans les quartiers les plus vulnérables, là où chaque décision de préparation peut faire la différence entre la prévention et la catastrophe.
Ainsi, entre stratégie nationale et gestion des urgences climatiques, la retraite gouvernementale aura aussi été l’occasion pour le Premier ministre d’imprimer une culture d’anticipation au sein de son équipe. Un rappel que gouverner, dans un pays exposé aux aléas naturels, signifie aussi savoir prévoir l’imprévisible.


