Politique

Rumeurs sur un éventuel remplacement du Premier ministre : le CPT dément et se concentre sur l’essentiel

Port-au-Prince, le 28 octobre 2025. —
Depuis plusieurs jours, des rumeurs persistantes circulent sur les réseaux sociaux et dans certains milieux politiques à propos d’un éventuel remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cependant, selon des informations obtenues auprès du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), ces allégations seraient totalement infondées.

D’après des sources proches du CPT, aucune décision politique majeure n’est envisagée à court terme, l’attention de l’Exécutif étant actuellement focalisée sur la gestion du passage de l’ouragan Melissa, la question sécuritaire, ainsi que le lancement du processus électoral.

Nos informations confirment également que le Coordinateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, doit quitter le pays ce vendredi à destination du Qatar, tandis que le Conseiller-Président Smith Augustin participera la semaine prochaine à la COP30 au Brésil, avant de représenter Haïti au Sommet de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) en Colombie. Ces déplacements officiels témoignent d’une activité gouvernementale normale, loin de toute crise politique interne.

Fritz Alphonse Jean et son équipe derrière les rumeurs ?

Des sources concordantes au sein de la classe politique indiquent que les rumeurs autour de l’éviction du Premier ministre seraient alimentées par l’ancien gouverneur de la Banque centrale, Fritz Alphonse Jean, et son entourage politique.

Selon ces sources, ce dernier chercherait à influencer certains membres du CPT afin de fragiliser la position du Premier ministre et de provoquer un remaniement qui lui serait favorable.
Une telle manœuvre viserait, selon plusieurs observateurs, à recomposer l’équilibre politique de la transition et à replacer certains acteurs écartés du pouvoir depuis la mise en place du Conseil.

Un Premier ministre solidement soutenu

Malgré ces rumeurs, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé bénéficie toujours du soutien du Conseil Présidentiel de Transition, d’une frange importante de la classe politique, ainsi que de l’appui explicite de la communauté internationale, notamment des États-Unis, du Canada et de la France.
Une source diplomatique occidentale confie que les partenaires internationaux suivent de près la situation politique en Haïti et estiment que toute tentative de changement brutal au sommet de l’exécutif risquerait de compromettre la stabilité institutionnelle.

Le Premier ministre, en poste depuis plusieurs mois, a engagé une série d’initiatives jugées prioritaires pour le pays : la relance de la sécurité publique, la préparation des élections, la stabilisation économique et la coopération internationale. Ces actions expliqueraient en partie le soutien qu’il continue de recevoir à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Le Secteur Démocratique et Populaire met en garde contre une erreur politique

Dans une déclaration faite lors de l’émission « Le Rendez-Vous » sur Gazette Haiti du lundi 26 octobre, Michel André, porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire (SDP), a réagi aux rumeurs de remplacement du chef du gouvernement.
Selon lui, le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de son gouvernement ne servirait en rien la survie du CPT, dont le mandat arrive à échéance le 7 février prochain.

« Il est vrai qu’à l’intérieur du Conseil, certains pensent pouvoir faire sauter le fusible qu’est Fils-Aimé et que cela protégerait le CPT, mais c’est un très mauvais calcul », a-t-il affirmé.
« D’ailleurs, je ne vois même pas comment on pourrait envisager de garder un ou deux membres de cette structure qui a totalement échoué. L’échec est collectif. »

Michel André plaide plutôt pour une négociation globale qui tienne compte des deux branches de l’exécutif, estimant que seule une solution concertée pourrait éviter un nouveau vide institutionnel à l’approche de la fin de mandat du Conseil.

Des manœuvres de déstabilisation dénoncées

Une source interne au CPT affirme que ces rumeurs de remplacement du Premier ministre s’inscrivent dans une logique de manœuvres politiques visant à déstabiliser le gouvernement, alors même que le pays fait face à de nombreux défis humanitaires et sécuritaires.
Cette même source rappelle que la communauté internationale a réaffirmé son soutien à la stabilité gouvernementale et à la continuité institutionnelle jusqu’à la fin du mandat de transition.

Une stabilité maintenue

Si la transition demeure fragile, l’Exécutif semble décidé à maintenir le cap sur les priorités nationales, à commencer par la sécurité, la relance des activités économiques et la préparation des élections générales prévues pour 2026.
Le Premier ministre Fils-Aimé, loin des polémiques, continue d’appeler à la concertation et au dialogue, estimant que la stabilité gouvernementale est une condition essentielle pour le retour à l’ordre démocratique.

Malgré la multiplication des rumeurs, aucune décision officielle n’indique pour l’instant un changement à la tête du gouvernement. L’Exécutif maintient sa ligne de conduite et affirme vouloir se concentrer sur la gestion du pays et le redressement national.

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