Politique

Pourquoi Leslie Voltaire pourrait jouer un rôle décisif dans un gouvernement bicéphale avec Alix Didier Fils-Aimé après le 7 février

À cinq jours de la fin officielle du Conseil Présidentiel de Transition, une clarification s’impose : le CPT s’achève le 7 février. Le débat qui s’ouvre n’est donc plus celui de son fonctionnement interne, mais celui de l’après-7 février. Il s’agit désormais d’identifier une configuration gouvernementale crédible, capable d’éviter une rupture brutale, de préserver la continuité de l’État et de répondre aux urgences sécuritaires et institutionnelles. Dans ce cadre précis, l’hypothèse d’un gouvernement bicéphale mérite une analyse sérieuse.

Dans le climat politique actuel, dominé par les postures, les soupçons et les calculs à courte vue, une évidence demeure trop souvent occultée : la crise haïtienne est moins une crise d’hommes qu’une crise d’intelligence politique collective. La vraie question, après le 7 février, n’est pas de savoir qui doit disparaître du jeu, mais qui peut encore contribuer utilement à stabiliser l’État et à empêcher une dérive institutionnelle dangereuse.

À ce titre, Leslie Voltaire peut encore jouer un rôle déterminant, à condition que la classe politique accepte de dépasser les réflexes de sabotage et que l’exécutif post-transition s’organise autour d’une logique de complémentarité plutôt que de confrontation.

Leslie Voltaire n’est ni un technocrate figé mais celui qui connaît les rapports de force, les acteurs, les fractures et les limites du système politique haïtien. Son parcours est associé à des projets structurants qui exigent vision stratégique, capacité de négociation et ancrage territorial. Parmi ses réalisations figurent l’aéroport international Antoine-Simon, le port du Sud, ainsi que plusieurs projets en cours liés au Grand Sud et Grand Nord incluant Jacmel, Jérémie et le Cap-Haïtien et le port Royal Fort Liberté. À cela s’ajoutent des projets urbains à forte portée sociale, comme la reconstruction de quartiers emblématiques tels que Solino, inscrits dans une logique de réhabilitation, de planification et de restauration de la dignité urbaine.

Issu de la classe politique, Leslie Voltaire en maîtrise les codes, les résistances et les contradictions. Cette connaissance constitue un atout après le 7 février, dans un moment où le pays aura besoin de dialogue, de médiation et de passerelles entre des acteurs profondément divisés. Son rôle ne serait pas de diriger l’exécutif au quotidien, mais d’incarner un pôle politique capable d’ouvrir des espaces de concertation, de porter une vision territoriale et de préparer les efforts de stabilisation à moyen terme.

En face, Alix Didier Fils-Aimé représente un profil complémentaire, résolument orienté vers l’action. Là où beaucoup privilégient le discours, Alix Didier Fils-Aimé incarne une gouvernance axée sur les résultats : continuité administrative, coordination gouvernementale, appui aux forces de sécurité engagées dans la lutte contre les gangs armés. Dans une séquence marquée par une offensive policière déterminante et par une forte pression internationale pour éviter le chaos institutionnel, cette approche pragmatique est centrale.

Alix Didier Fils-Aimé ne cherche pas à convaincre par la rhétorique, mais par les faits. Cette posture explique le soutien tacite, parfois explicite, de plusieurs partenaires internationaux à la continuité de son action après le 7 février. Dans une phase post-transition, la capacité à piloter l’exécutif, à maintenir l’ordre de fonctionnement de l’État et à sécuriser les décisions est un capital politique essentiel.

C’est précisément ici que l’idée d’un gouvernement bicéphale prend tout son sens. Il ne s’agit ni d’un partage artificiel du pouvoir ni d’un arrangement opportuniste, mais d’un pragmatisme institutionnel adapté à la gravité du moment. D’un côté, un pôle politique incarné par Leslie Voltaire, chargé du dialogue national, de la médiation entre forces politiques et sociales et du portage de projets structurants. De l’autre, un pôle exécutif incarné par Alix Didier Fils-Aimé, responsable de la sécurité, de la coordination administrative et de la continuité de l’État.

Cette architecture permettrait de sortir de la logique stérile du tout ou rien qui a paralysé la transition. Elle reconnaît une réalité simple : après le 7 février, Haïti a besoin à la fois de gouvernance politique et d’efficacité opérationnelle. Confier ces deux dimensions à un seul acteur serait une erreur. Les articuler autour de profils distincts mais complémentaires augmente les chances de stabilité.

Contrairement aux caricatures, Leslie Voltaire et Alix Didier Fils-Aimé partagent un point commun essentiel : une culture du résultat. L’un agit sur le terrain politique et territorial, l’autre sur celui de l’action gouvernementale et de la sécurité. Cette culture du résultat fait précisément défaut à une partie de la classe politique, trop souvent enfermée dans des logiques de positionnement et de revanche.

La question internationale, incontournable après le 7 février, renforce cette lecture. Les partenaires d’Haïti jugeront l’après-transition sur des critères concrets : stabilité, sécurité, continuité de l’État et capacité à produire des résultats. Un gouvernement bicéphale associant Leslie Voltaire et Alix Didier Fils-Aimé pourrait répondre à ces attentes en combinant dialogue politique et pilotage effectif de l’exécutif.

La réussite d’un tel schéma dépend toutefois d’une condition fondamentale : la maturité de la classe politique haïtienne. Tant que chaque solution sera perçue comme une menace personnelle, aucune architecture ne fonctionnera. L’intelligence politique consiste parfois à accepter une solution imparfaite mais opérationnelle, plutôt qu’un blocage parfait mais destructeur.

Après le 7 février, Haïti devra choisir entre l’idéologie stérile et la survie de l’État. Un gouvernement bicéphale associant Leslie Voltaire et Alix Didier Fils-Aimé ne serait pas une solution miracle. Mais il pourrait constituer une option réaliste pour préserver la cohésion minimale de l’État, rassurer les partenaires internationaux et ouvrir une sortie de crise moins chaotique. Un jour, il faudra accepter que la sortie de crise ne viendra pas d’un homme providentiel, mais d’une intelligence politique capable d’assembler les compétences au service de l’intérêt général.

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