Politique

Le temps du bilan : pourquoi l’option Voltaire s’impose dans le débat sur la continuité de la transition

À l’approche du 7 février, le débat politique haïtien a changé de registre. Il ne s’agit plus seulement de positionnements ou de rivalités internes, mais d’une interrogation centrale portée par l’opinion publique : qui, au sein de la transition, a produit des résultats concrets et mesurables ? Dans un pays éprouvé par l’insécurité, la crise sociale et l’affaiblissement de l’autorité de l’État, les citoyens observent désormais les actes plus que les discours.

C’est dans ce contexte que le nom de Leslie Voltaire revient avec insistance au cœur du débat national. Non comme une figure unanimement célébrée, mais comme l’un des rares membres du Conseil présidentiel de transition dont l’action est associée à des réalisations visibles, chiffrées et territorialisées. Pour une partie croissante de la population, la transition n’a de sens que si elle laisse un héritage tangible. C’est précisément cette lecture qui nourrit aujourd’hui ce que beaucoup qualifient de « bilan Voltaire ».

Quand l’infrastructure devient un langage politique

Dans le Grand Sud, l’aéroport international Antoine-Simon des Cayes s’est imposé comme l’un des symboles les plus parlants de cette logique d’action. Le débat sur la paternité du projet a pris une dimension nationale lorsque le journaliste et analyste politique Valéry Numa a livré une lecture sans ambiguïté sur Radio Magik 9 : « Je crois profondément que cet aéroport est l’œuvre de Leslie Voltaire. À l’arrivée de Fritz Jean, il n’a même pas posé une pierre supplémentaire. »

Au-delà du débat politique, les retombées économiques commencent à être observées sur le terrain. Depuis le lancement des vols réguliers de la compagnie IBC, à raison de trois rotations par semaine à l’aéroport international Antoine-Simon, l’activité a connu une hausse notable. Ces vols ont généré des recettes significatives pour l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN) et pour le Trésor public, tout en facilitant la mobilité, les échanges commerciaux et l’arrivée d’investisseurs dans la région. Un opérateur économique des Cayes résume ce sentiment : « L’aéroport a changé la dynamique. Ce n’est plus seulement une infrastructure, c’est un moteur économique. »

Dans la même logique, le Port de Saint-Louis du Sud s’impose désormais comme un indicateur chiffré de performance. À la fin de l’année 2025, ce port a accueilli 23 navires transportant un total de 174 000 tonnes métriques de ciment, de sucre et de riz. Ces opérations ont généré l’équivalent de 7,9 millions de dollars américains pour le Trésor public, auxquels s’ajoutent environ 700 000 dollars américains pour l’APN et le SEMANAH. Pour de nombreux observateurs, ces chiffres traduisent un fait rarement mis en avant durant la transition : la capacité de certaines infrastructures à produire des recettes concrètes pour l’État.

Un commerçant du Sud le résume simplement : « Quand un port fonctionne et que l’État encaisse, ce n’est plus de la théorie. C’est du concret. » Cette réalité renforce l’idée selon laquelle le désenclavement régional n’est pas seulement un choix politique, mais une nécessité économique.

Solino : la reconstruction comme preuve de présence de l’État

Au-delà des infrastructures, le dossier de Solino occupe une place particulière dans l’appréciation du bilan. La visite sur le terrain de Leslie Voltaire, aux côtés d’Edgard Leblanc Fils et du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a été perçue comme un acte politique fort. Dans un quartier profondément marqué par la violence et les déplacements forcés, la présence des autorités a envoyé un message clair : l’État ne renonce pas.

Architecte-urbaniste de formation, Leslie Voltaire est arrivé avec un plan de reconstruction présenté directement aux habitants. Un responsable associatif de Solino témoigne : « Nous avons l’habitude de voir des responsables venir faire des discours. Cette fois-ci, ils sont venus avec un plan et des explications claires. Cela ne règle pas tout, mais on sent une approche différente. »

Pour de nombreux résidents, cette démarche marque une rupture. « Solino n’a pas seulement besoin de sécurité, il a besoin d’un projet. Quand on nous parle d’aménagement, de logements et de services, on recommence à croire que quelque chose est possible », confie un habitant du quartier.

Torbeck : l’enfance au cœur de l’action publique

L’un des volets les plus marquants du bilan concerne la protection de l’enfance. À Torbeck, l’inauguration du pôle Sud des maisons de rééducation pour enfants et adolescents en situation de vulnérabilité s’est imposée comme un signal fort. Le projet, inscrit dans un dispositif tripolaire national, prévoit un investissement annoncé de deux milliards de gourdes sur trois ans.

Devant une assistance composée d’enfants et d’acteurs institutionnels, Leslie Voltaire a déclaré : « En Haïti, la recrudescence de la violence des gangs place de nombreux enfants dans des situations comparables à celles observées dans des zones de conflits armés. Le tableau est extrêmement préoccupant. Il est de principe que l’enfant doit, en toute circonstance, être parmi les premiers à bénéficier d’assistance et de secours. »

Une enseignante de Torbeck confie : « Ce projet aurait dû exister depuis longtemps. Quand l’État protège les enfants, il protège l’avenir du pays. »

Continuité, stabilité et responsabilité

À l’approche du 7 février, la crainte d’un vide institutionnel demeure forte. Dans ce climat, une partie de l’opinion privilégie la stabilité à l’incertitude. « Le pays ne peut pas se permettre une nouvelle rupture alors que des chantiers produisent déjà des résultats », estime un citoyen de Port-au-Prince.

C’est dans cette perspective que l’option Voltaire devient audible, non comme un réflexe partisan, mais comme une hypothèse de continuité fondée sur des faits, des chiffres et des projets engagés. La complémentarité avec le gouvernement conduit par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est également perçue comme un facteur de stabilité, capable de maintenir le cap jusqu’aux élections.

Soutenir cette continuité ne signifie pas renoncer à l’exigence démocratique. Comme le rappelle un acteur de la société civile : « Un bilan n’est pas un chèque en blanc. Nous voulons de la transparence, un calendrier clair et des élections crédibles. » Mais dans un pays où la parole politique est souvent discréditée, les résultats concrets pèsent lourd.

Infrastructures générant des recettes pour l’État, relance du trafic aérien, ports opérationnels, quartiers en reconstruction, projets sociaux pour les enfants : pour une partie significative de l’opinion, ces éléments composent une image rare en période de transition, celle d’un responsable politique qui agit et assume.

À l’heure où Haïti cherche une sortie ordonnée de la transition, il n’est donc pas surprenant que l’option Voltaire soit aujourd’hui au cœur du débat national.

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