À mesure que s’approche l’échéance du 7 février 2026, date annoncée pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), les discussions politiques autour de l’avenir de la transition s’intensifient. Au centre de ces échanges, le nom de Leslie Voltaire revient avec insistance, porté par un bilan jugé concret et une ligne politique axée sur l’efficacité de l’action publique et la décentralisation.
Dans les cercles institutionnels comme au sein de la classe politique, l’option d’un leadership resserré autour de Leslie Voltaire est de plus en plus évoquée. Pour ses partisans, cette formule répond à une exigence immédiate : sortir de l’inertie décisionnelle attribuée au fonctionnement collégial du CPT et doter l’État d’une capacité d’action plus lisible dans un contexte de crise sécuritaire, sociale et économique persistante.
Un bilan mis en avant par ses soutiens
Les arguments en faveur de Leslie Voltaire s’appuient principalement sur les réalisations enregistrées sous sa coordination au sein du CPT. Parmi les acquis régulièrement cités figure l’inauguration du port de Saint-Louis-du-Sud, devenu un levier stratégique pour la relance des échanges commerciaux et la déconcentration des flux maritimes. À cela s’ajoute l’ouverture de l’aéroport international Antoine Simon des Cayes, désormais opérationnel pour des vols internationaux, notamment via la compagnie IBC, facilitant la mobilité de la diaspora et stimulant l’activité économique dans le Grand Sud.
Sur le plan politique et symbolique, Leslie Voltaire est également crédité de la réactivation du dossier de la réparation constitutionnelle devant la France. Ce dossier, longtemps resté en marge de l’agenda officiel, a replacé la question des responsabilités historiques au cœur du débat diplomatique, renforçant, selon ses soutiens, la posture souverainiste de l’État haïtien sur la scène internationale.
Jérémie : une formule de sortie de crise assumée
C’est dans ce contexte que s’inscrit la déclaration faite par Leslie Voltaire lors de son passage à Jérémie, le lundi 12 janvier 2026. Devant des acteurs locaux et des médias de la région, il a évoqué la recherche d’une formule politique « qui satisfait 60 % de la classe politique et n’irrite pas la communauté internationale ». Une approche pragmatique, assumée, visant à garantir une sortie ordonnée de la transition.
Il a confirmé que des travaux sont déjà en cours pour aboutir à une solution avant le départ du CPT et a réitéré, lors d’entretiens accordés à des médias locaux, que les membres du Conseil quitteront effectivement leurs fonctions à la date prévue. À seulement quelques semaines de cette échéance, les tractations pour définir l’architecture de l’après-CPT se multiplient, rendant ces prises de position particulièrement stratégiques.
Jacmel : une vision participative du développement régional
Quelques jours plus tôt, à Jacmel, Leslie Voltaire avait présenté les grandes lignes d’un projet d’aménagement et de développement de la métropole du Sud-Est à l’horizon 2030. Devant des représentants de la Chambre de commerce, des autorités départementales et des acteurs locaux, il a insisté sur une approche participative, rompant avec les schémas de développement imposés sans concertation.
Qualifiant le document présenté de « brouillon de travail », il a appelé les citoyens à s’approprier le processus : le développement, selon lui, ne peut réussir sans une vision partagée et un ancrage local fort. Il a également défendu un modèle fondé sur l’identité du Sud-Est, articulant tourisme culturel et scientifique, mobilisation de la diaspora et renforcement de l’agriculture.
Sur le plan environnemental, Leslie Voltaire a alerté sur l’urgence de lutter contre l’érosion et a plaidé pour une meilleure gestion des bassins versants. Le projet évoque aussi des interventions structurantes à Jacmel : drainage des eaux pluviales, réhabilitation du patrimoine et valorisation des espaces culturels. La présence de l’ambassadrice de Colombie en Haïti lors de cette rencontre a illustré l’ouverture du projet à des partenariats régionaux.
Si l’option Leslie Voltaire gagne du terrain, elle ne fait toutefois pas l’unanimité. Il y a aussi Laurent Saint-Cyr qui veut rester à la tête du CPT et qui multiplie ses contactes. D’autres, à l’inverse, estiment que la gravité de la situation actuelle impose des choix clairs et des décisions structurantes comme celles de Leslie Voltaire.
À mesure que l’échéance du 7 février approche, le débat autour de Leslie Voltaire dépasse sa personne pour poser une question centrale : comment concilier efficacité de l’action publique, stabilité politique et respect des équilibres institutionnels dans la dernière ligne droite de la transition.


